Schéhérazade

  • Pour célébrer la Journée internationale de la francophonie, nous partageons cette histoire.

Il était une fois un roi nommé Shariyar qui régnait sur la Perse. Il gouvernait le pays avec l’aide de son ministre de confiance, le grand vizir. Le grand vizir avait une fille appelée Schéhérazade, qu’il aimait tendrement. Elle était belle et intelligente. À cette époque, peu de filles allaient à l’école. Schéhérazade y avait étudié la poésie et elle connaissait par coeur les ouvres de tous les grands poètes.

Plusieurs vanaient, à tour de rôle, demander la main de Schéhérazade au grand vizir. Certains étaient des princes, d’autres de riches marchands et quelques-uns étaient de grands généraux.

— Père, disait toujours Schéhérazade, je ne suis pas prête pour le mariage. Je suis heureuse de vivre à la maison avec vous.

— Je serais triste de te voir partir, répondait son père, tu peux rester ici, bien entendu, mais tu sais qu’un jour tu devras te marier.

Un bon matin, le roi Shariyar demanda à son frère, le roi Shazman de Samarkand, de venir lui rendre visite. Shazman arriva accompagné de son armée. Les frères, heureux de se retrouver, discutèrent de leurs stratégies militaires jour et nuit. Puis une chose terrible se produisit. La femme du roi Shariyar s’enfuit avec un esclave. Lorsque Shariyar fut mis au courant, il entra dans une vive colère. Un pareil crime méritait la mort. Shariyar ordonna à ses soldats de trouver sa femme et de la tuer.

Toute la cour était horrifiée, mais la loi était très stricte.

— Si jamais je prends une autre femme, je la ferai étrangler le lendemain du mariage, promit le roi avec douleur et chagrin. Le roi Shazman rentra chez lui avec son armée et le roi Shariyar resta seul. Parfois, il se sentait triste; d’autres fois, il était fou de rage.

Schéhérazade

Le grand vizir chercha par tous les moyens à le distraire. Il fit venir à la cour des musiciens, des danseuses, mais le roi ne leur montrait aucun intérêt et leur faisait rapidement signe de partir.

— Que faire? demanda le grand vizir désespéré à sa fille. Personne ne réussit à divertir le roi. En fait, il a besoin d’un femme, mais elles ont toutes peur de se marier avec lui!

— Il a besoin de quelque chose de nouveau, répondit Schéhérazade. Que pensez-vous du célèbre acrobate chinois?

Le grand vizir fit venir l’acrobate qui présenta un spectacle éblouissant. Le roi resta de marbre.

— Il n’y a rien à faire, dit le grand vizir à sa fille, en soupirant.

Il se sentait plutôt nerveux, car il craignait qu’un jour le roi ne se fâche contre lui.

— Demandez au grand poète de lire ses oeuvres au roi, suggéra Schéhérazade. Ça l’apaisera peut-être.

Le grand poète vint à la cour. Il déclama ses poèmes, puis ceux des plus grands poètes du passé.

— Jetez ce malheureux en prison avant que je ne lui coupe la langue! cria le roi, impatient.

Schéhérazade était très inquiète. Elle alla au jardin pour consulter son professeur.

— Rien ne semble plaire au roi, dit-elle. Je ne sais plus que faire pour aider mon pauvre père.

— Tu as toujours eu du talent pour raconter des histories, répondit le professeur. Peut-être le roi aimera-t-il t’entendre.

Schéhérazade alla trouver son père.

— Demain, Père, vous devez m’emmener auprès du roi.

— Toi, ma fille? Jamais! s’exclama le grand vizir.

Shéhérazade resta ferme.

— C’est notre dernière chance.

Le lendemain, contre son gré, le grand vizir conduisit sa fille au palais. Le roi était en train de lire des documents d’État, ce qui le mettait toujours de bien mauvaise humeur.

— Et qui m’amenez-vous donc aujourd’hui? s’enquit le roi d’un ton contrarié, tout en fixant ses documents.

— Son Altesse sera peut-être heureuse d’apprendre que je lui amène ma fille.

Le roi leva les yeux de son document.

— Votre fille? répéta-t-il estomaqué.

La douce beuté de la jeune femme charma aussitôt le roi. Ce soir-là, il lui dit:

— Viens t’asseoir et parlons un peu.

Schéhérazade commença alors à lui raconter une histoire à propos d’un jeune homme pauvre et d’une lampe magique. Le roi était ravi; jamais personne ne lui avait parlé de la sorte!

Tout au long de la nuit, la jeune femme tissa l’intrigue de l’histoire. Puis elle commença une autre histoire au moment où le jour se levait.

— Je dois rentrer maintenant, dit-elle.

— Mais tu reviendras ce soir, n’est-ce pas? demanda le roi plein d’espoir.

Le deuxième soir, Schéhérazade termina l’historie qu’elle avait commencée la veille, puis en entama une autre, puis une autre encore. Pendant mille et une nuits, elle raconta des histoires au roi qui était désormais de bonne humeur. Finalement, il comprit qu’il était amoureux de Schéhérazade.

— Gentille femme, je retire la promesse que j’ai formulée lorsque ma femme m’a quitté, di-il. Veux-tu m’épouser?

— Oh oui, de tout mon coeur! répondit-elle. Puis le roi et sa femme Schéhérazade vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours.

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